{"id":6622,"date":"2023-02-15T11:02:04","date_gmt":"2023-02-15T11:02:04","guid":{"rendered":"https:\/\/phal.angst.band\/?p=6622"},"modified":"2023-11-10T11:02:23","modified_gmt":"2023-11-10T11:02:23","slug":"coreandco-fr","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/phal.angst.band\/index.php\/2023\/02\/15\/coreandco-fr\/","title":{"rendered":"coreandco.fr"},"content":{"rendered":"<p>https:\/\/www.coreandco.fr\/chroniques\/phalangst-whiteout-9241.html?fbclid=IwAR2X2WvfEDTGj-rbiJmmI4vYLizi750Rn465NomEf4pDdVc&#8211;gzyyzwzhsw<\/p>\n<p>Un sch\u00e9ma minimaliste au piano autour duquel la poussi\u00e8re reste en suspension, dans un rai de lumi\u00e8re fig\u00e9 dans le temps. M\u00eame lorsque la tension monte imperceptiblement en puissance et que la voix finit par intervenir, zombique en diable dans son feulement neurasth\u00e9nique, il r\u00e8gne dans ce tableau de fin du monde consomm\u00e9e qu\u2019il esquisse une sorte de qui\u00e9tude r\u00e9sign\u00e9e que ne tenteront pas de troubler les accords de guitare satur\u00e9s. On pense \u00e0 ce plan final du 3e \u00e9pisode de la saison 1 de\u00a0\u201cThe Last of us\u201d\u00a0sur le cadre dans le cadre, celui de l\u2019\u00e9cran et celui de la fen\u00eatre, ouverte sur la vie qui souffle d\u00e9licatement sur les rideaux tel le t\u00e9moignage de la pudeur s\u2019imposant sur l\u2019amour rendu \u00e0 son caract\u00e8re \u00e9ternel, l\u2019amour qui se cache pour mourir. Po\u00e9tique de l&#8217;hors-champ. Ni ostensiblement sinistre, ni na\u00efvement l\u00e9ger, le titre pose quelques rep\u00e8res pour le voyage qu\u2019il nous propose d\u2019entreprendre \u00e0 sa suite. Drap\u00e9 d\u2019un romantisme sombre digne d\u2019une toile de Johann Heinrich F\u00fcssli, invoquant moult figures tut\u00e9laires comme autant d\u2019incubes fatigu\u00e9s pour mieux s\u2019incliner devant leur h\u00e9ritage, il s\u2019efface pour nous laisser entrevoir le paysage d\u00e9sol\u00e9 qui s\u2019\u00e9tend sur l\u2019extension de son ombre : Msieudames, vous venez d\u2019\u00e9couter\u00a0\u201cWhiteout\u201d, de\u00a0Phal:Angst.<br \/>\nEntendons-nous bien : pas de publicit\u00e9 mensong\u00e8re, d\u2019emphase trompeuse, de superlatifs fallacieux. Les Autrichiens, qui d\u00e9finissent leur musique comme du post-rock industriel, ne r\u00e9volutionnent aucun genre. Cela reviendrait \u00e0 pr\u00e9tendre (et partant, \u00e0 avouer son p\u00e9dantisme en la mati\u00e8re) que le jeu de batterie de\u00a0Igor Cavalera\u00a0se reconna\u00eet chez\u00a0Absent in Body\u00a0alors qu\u2019au contraire, celui-ci sert l\u2019oeuvre, s\u2019efface derri\u00e8re l\u2019intention, et assure une rythmique solide, pr\u00e9cise et chirurgicale mais minimaliste, quasiment robotique, industrielle \u00e0 la\u00a0Godflesh.\u00a0Phal:Angst\u00a0puisent chez\u00a0Depeche Mode,\u00a0Godspeed You! Black Emperor, voire les\u00a0Swans, mais, s\u2019ils invitent Lustmord, nom associ\u00e9 \u00e0 des papes de la musique industrielle exp\u00e9rimentale ultime comme\u00a0Nurse with Wound\u00a0ou\u00a0SPK\u00a0(ainsi qu\u2019au dark folk de\u00a0Current 93), et\u00a0Jarboe, voix f\u00e9minine l\u00e9gendaire des Cygnes, \u00e0 remixer 2 de leurs chansons, ils restent dans les clous sans chercher (ou \u00e0 parvenir ?) \u00e0 explorer ni exp\u00e9rimenter davantage, au risque d\u2019innover. Du moins, est-ce l\u2019impression qu\u2019une 1e \u00e9coute de l\u2019album laisse. Car en v\u00e9rit\u00e9, le fait qu\u2019il continue \u00e0 nous habiter, longtemps apr\u00e8s avoir rendu sa derni\u00e8re note au silence, offre un indice sur le fait que l\u2019affaire s\u2019av\u00e8re plus complexe, ou du moins, plus subtile.<br \/>\nQu\u2019on ne s\u2019y trompe pas :\u00a0\u201cWhiteout\u201d\u00a0rel\u00e8ve de la r\u00e9ussite totale. Si\u00a0\u201cWhat a time to be alive\u201d, avec son ambiance postapocalyptique baign\u00e9e dans une synthwave m\u00e9lancolique dont les recoins font rebondir la ritournelle ent\u00eatante \u00e0 la guitare, sonne comme la fin de toute chose, surtout sur ses derni\u00e8res secondes noy\u00e9es dans un drone vrombissant, il ne s\u2019agit l\u00e0 que de l\u2019un des points d\u2019orgue d\u2019un ensemble plus prot\u00e9iforme dans ses soubresauts. Sans s\u2019agiter dans tous les sens en vain pour attirer l\u2019attention, l\u2019album accorde suffisamment de confiance en son pouvoir \u00e9vocateur pour cr\u00e9er des projections mentales hautement cin\u00e9matographiques chez l\u2019auditeur. L\u2019enc\u00e9phalogramme et le tensiom\u00e8tre ne varient gu\u00e8re d\u2019un titre \u00e0 l\u2019autre, mais se chargent de 1001 nuances qui se tapissent dans les arrangements. Le romantisme gothique qui habite chaque d\u00e9clinaison d\u2019une certaine id\u00e9e de la d\u00e9solation r\u00e9sign\u00e9e conf\u00e8re \u00e0 l\u2019album un caract\u00e8re froidement poussi\u00e9reux. Ce genre de poussi\u00e8re depuis longtemps d\u00e9pos\u00e9e sur la surface d\u2019un territoire \u00e0 jamais immobile. Ce genre de poussi\u00e8re qu\u2019on effleure \u00e0 peine \u00e0 chaque pas. Ce genre de poussi\u00e8re en suspension autour des notes du piano du d\u00e9but et qui se rit sans malice de notre futilit\u00e9.<br \/>\n7,71\/10<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>https:\/\/www.coreandco.fr\/chroniques\/phalangst-whiteout-9241.html?fbclid=IwAR2X2WvfEDTGj-rbiJmmI4vYLizi750Rn465NomEf4pDdVc&#8211;gzyyzwzhsw Un sch\u00e9ma minimaliste au piano autour duquel la poussi\u00e8re reste en suspension, dans un rai de lumi\u00e8re fig\u00e9 dans le temps. 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